Les pages "Europe"
Le Bien Public - z'EST d'Europe
Slovénie
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L'exemple slovène
La Slovénie, sous la domination soviétique, était un des pays les plus prospères de l'Est. Mais les pays de l'UE sont plus riches et on peut se demander si la Slovénie peut suivre leur rythme et intégrer l'économie européenne. La Slovénie a particulièrement bien géré la transition vers l'économie de marché, au point que l'on a évoqué un "miracle slovène". Ainsi, l'Etat n'a pratiquement pas de déficit budgétaire ni de dette publique. Et l'inflation a été relativement maîtrisée. Certes élevée, avec près de 8 à 9 % par an durant la dernière décennie, elle l'était bien moins que dans les autres pays de l'Est (30% en moyenne). Dans le même temps la Slovénie a mené une politique de privatisation importante, accompagnée d'un assainissement des cadres juridiques. De sorte que, bénéficiant en outre de sa position de carrefour en Europe, mais aussi de la qualification de sa main-d'œuvre, la Slovénie s'est développée à un rythme plus important que les pays de l'Europe des Quinze, et a évité les crises qui ont frappé la majorité des pays de l'Est. Aujourd'hui, le PIB par tête slovène est équivalent à celui de la Grèce. Mais l'inflation, bien que plus faible que dans les autres pays de l'Est, n'est pas totalement maîtrisée. Elle baisse cependant, passant de 7,2% en 2002 à 5,6% en 2003. Plus importante est la menace du chômage. Actuellement, le taux de chômage est de 6,8%. Or, avec la rétractation de la demande extérieure, la Slovénie est particulièrement menacée. Si la situation reste la même 23 000 emplois seraient menacés au total. C'est beaucoup pour un pays de 2 millions d'habitants. Enfin, une troisième inquiétude est exprimée : la Slovénie est-elle menacée par la récession? En effet, la croissance est en baisse constante depuis trois ans. Mais, il n'en est encore rien. La Slovénie conserve pour le moment une croissance économique plus élevée que l’Union. Et, si la comparaison avec d'autres nouveaux États membres est moins favorable a priori, il ne faut pas perdre de vue que la dette publique slovène est plus faible, et l'inflation moindre. Cela laisse espérer à la Slovénie une entrée rapide (2007 au plus tôt) dans la zone Euro, qui aurait pour intérêt de renforcer les échanges et de stabiliser l'économie. Pourtant, la Slovénie ne doit pas perdre de vue le fait que cela pourrait aussi ralentir la croissance et aggraver le chômage. Mais la dimension symbolique de l'Euro, reconnaissance de maturité économique, risque de l'emporter sur une stratégie plus prudente.
Néel Travers
La Slovénie dépend de l'UE L'économie slovène repose essentiellement sur l'exportation, laquelle représente pratiquement 60 % du PNB. Deux tiers du total de ses échanges commerciaux se font avec les Quinze. Les investissements directs venant de l'UE sont importants pour l'économie slovène. Problème : actuellement les pays de l'Union tendent à restreindre la circulation des capitaux, des biens et des hommes. Cependant, le directeur de la chambre de commerce slovène se montre optimiste: "Dans deux ans, les pays de l'UE se seront rendus compte que la Slovénie ne constitue pas une menace pour leurs marchés". En attendant, la Slovénie doit s'adapter à une baisse de la demande européenne, mais aussi de l'ex-Yougoslavie. Mais les signes actuels de reprise en Europe laissent espérer une amélioration rapide de la situation.
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La Slovénie entre les Balkans et l’Europe Une Slovénie enfin européenne !
Difficile d’être à la charnière entre deux mondes : c’est pourtant la situation de la petite république de Slovénie, interface entre l’ancienne Fédération Yougoslave (à laquelle elle a été intégrée pendant plusieurs décennies) et l’Europe de l’Ouest, l’Italie et l’Autriche. En effet, Ljubljana, la capitale, est à trois heures de route de Venise, Trévise ou Vienne. Depuis des siècles, la Slovénie se trouve au carrefour des chemins commerciaux et culturels des civilisations latines, germaniques et slaves. Mais depuis les années 1980, la Slovénie semble avoir trouvé ses points de repères à l’Ouest.
A l’ombre de l’ancienne République fédérale de Yougoslavie ? En participant au plan de stabilité à la fin de la guerre du Kosovo en 1999, la Slovénie a une nouvelle fois prouvé son engagement face aux membres de l’ancienne République fédérale de Yougoslavie. Et la poudrière des Balkans regorge encore de conflits mal résolus. La Slovénie et la Croatie se disputent depuis 1991 au sujet de la souveraineté sur les eaux de la baie de Piran, seul accès pour la Slovénie à la mer Adriatique. Et face à la Serbie, actuelle Yougoslavie, la Slovénie est en rupture totale, rupture due principalement à des divergences d’interprétation du passé titiste.
Rôle d’interface, une aide à la sortie du communisme. Si la Slovénie ne s’est pas totalement extirpée des héritages du passé, sa position géographique a aussi été l'un des facteurs qui ont accéléré la sortie du communisme. La Slovénie se distingue de ses partenaires d’Europe centrale et orientale, mais également des autres Républiques de Yougoslavie. Pays relativement homogène, puisque 90% de sa population est slovène, ou constituée de minorités hongroise et italienne parfaitement intégrées, elle n’a pas sombré dans les luttes ethniques qui n’ont cessé d’entre-déchirer Serbie, Croatie, Bosnie, Macédoine, Albanie… Elève modèle de la République de Yougoslavie, elle a bénéficié des spécificités de la politique de Tito. Contre la normalisation effectuée par Moscou dans les démocraties populaires, il a permis à la Slovénie de renouer des contacts avec l’Autriche et l’Italie. Les liens avec les marchés d’Europe de l’Ouest se sont particulièrement développés en 1980 après la mort de Tito, et tous les indicateurs prouvent le haut niveau de développement économique et technologique de la Slovénie. Une avance économique qui lui permet un passage plus rapide à la démocratie, car l’économie suppose des institutions, des règles, qui vont également être utiles pour le politique. Et pour preuve aujourd’hui, le niveau de corruption est très bas, l’Indice de Développement Humain la place au 28ème rang mondial (la République Tchèque est au 35ème, la Hongrie au 47ème).
Tourner une page de son histoire et retrouver l’Europe. Et dès les premiers jours de son indépendance, intervenue le 25 juin 1991, la Slovénie a résolument tourné le dos à son passé titiste. A l'abri de ses montagnes et à l'ombre de ses clochers, elle est sortie indemne de la guerre en 1991: le conflit contre l'armée yougoslave n'aura duré qu'une dizaine de jours, sans la moindre effusion de sang. Le ton est donc donné depuis 1991, la Slovénie s’oriente définitivement vers l’Europe, et « l’europtimisme » constant des Slovènes ne fait que confirmer ce mouvement. La perspective de l’élargissement donne donc un nouvel élan à ce petit pays, qui peut-être permettra à l’Union Européenne de mieux appréhender l’inconnu balkanique.
Camille Lancelevée
Frontières de Schengen La Slovénie aura, après l’élargissement, une tâche lourde à accomplir : assurer le contrôle de 670 km de frontières, celles qui la séparent de la Croatie, soit 10% des frontières de l’Union européenne et deux fois plus de kilomètres à contrôler par habitant qu’en Pologne. Le pari est grand, car la zone balkanique est aussi connue pour ses trafics illégaux de drogues, personnes (grande plaque tournante de la prostitution à Tirana en Albanie), et la Slovénie est aujourd’hui le passage de vagues d’immigration en provenance de Croatie, Roumanie, Turquie... Mais la Slovénie travaille en étroite collaboration avec Europol. En 2007, Croatie, Roumanie et Bulgarie devraient rejoindre l’Union Européenne, repoussant encore un peu les frontières… Jusqu’où ?
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Un futur pôle franco-slovène à Dijon L’ENESAD, un pont entre la Bourgogne et la Slovénie
Depuis 1997, Gérard Trouche, Maître de Conférences à l’Etablissement National d’Enseignement Supérieur Agronomique de Dijon (ENESAD) organise des échanges entre son établissement et l’Université de Maribor.
Gérard Trouche, Maître de Conférences à l’ENESAD, coordinateur des échanges avec la Slovénie. (photo C.Duclos)
En quoi consiste le partenariat entre l’ENESAD et l’université de Maribor ? Gérard Trouche : Le but des échanges entre l’ENESAD et la faculté d’agriculture de Maribor est de faire connaître des méthodes de recherche et d’enseignement de l’agronomie. Ceci passe tout d’abord par la formation d’enseignants slovènes et l’encadrement de leurs thèses, puisque l’université de Maribor ne peut délivrer des thèses, écrasée par le poids de l’université de Ljubljana, et que le renouvellement des générations de professeurs est difficile en Slovénie. Pour les étudiants qui partent à Maribor, le but est de découvrir des nouvelles formes de recherche en accord avec la culture slovène. Jusqu’ici, il y a eu une vingtaine d’échanges organisés dans les deux sens. Nous travaillons actuellement à la création de Mastères Internationaux à Dijon (agroéquipement et gestion des industries agro-alimentaires). Ceci permet de valoriser les diplômes slovènes. Nous sensibilisons aussi les étudiants slovènes en agronomie à la protection de l’environnement, domaine délaissé par quarante ans de titisme, malgré d’encourageantes réalisations au cours des dix dernières années.
En quoi ce programme est-il profitable à la Bourgogne ? G.T : L’un des points les plus positifs de ce programme est sans doute l’état d’esprit des Slovènes et leur volontarisme, qui motive nos étudiants. Cet échange est intéressant dans la mesure où il nous permet d’apprécier les processus de modernisation de l’agriculture précédant l’élargissement de l’UE, d’autant plus que la France, un des pays fondateurs de l’UE, a du mal à apprécier les difficultés liées à l’intégration de l’acquis communautaire. Un autre point remarquable est la similitude entre la Bourgogne et la Slovénie, tant sur le plan géographique (paysages, superficie, population : Maribor, deuxième ville slovène et Dijon ont une population très proche), que sur le plan agricole et agronomique puisque la Slovénie produit des vins d’excellente qualité, notamment de vendanges tardives dont on fait de délicieux « vins de glace » qui furent très appréciés de l’empereur François-Joseph ; et ce partenariat permet de faire connaître ces produits en Bourgogne.
Touchez-vous des aides de la part de la région Bourgogne ? G.T : Non, parce que pour l’instant aucune entreprise bourguignonne (donc essentiellement des PME) n’investit en Slovénie, à part des grandes firmes nationales (Danone…), ce qui serait la condition sine qua non d’aides régionales. En revanche, l’UE attribue des bourses ERASMUS d’exception aux étudiants français et slovènes, malgré le fait qu’une bourse de ce type soit généralement délivrée à des étudiants expatriés pour une durée d’au moins un semestre. Nous bénéficions aussi de la bourse Proteus qui aide les échanges scientifiques entre la France et la Slovénie.
Etudiants français et slovènes à l’occasion d’une exposition sur les vins slovènes à Dijon. (photo ENESAD)
Quels sont les principaux défis de ce partenariat ? G.T : Le plus dangereux est sans doute de vouloir aller trop vite, et d’y aller seul. Je m’efforce d’engager mes collègues dijonnais dans ce projet, afin d’impliquer réellement l’ENESAD au projet slovène. Nous tentons de tisser des liens forts entre les étudiants, les enseignants, afin de peut-être un jour, attirer les producteurs et les entreprises. Pour moi, les relations internationales sont avant tout des relations interpersonnelles. Je suis un Européen convaincu et je suis persuadé que cette méthode « des petits pas », celle-là même prônée par Jean Monnet, nous permettra de sortir du cadre interuniversitaire.
Plus d’informations, le site du bulletin de l’ENESAD : http://www.enesad.fr/grainedinfo
Gábor IFFLAND et Clément DUCLOS
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