Les pages "Europe"
Le Bien Public - z'EST d'Europe
Pologne
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Vécu... Piotr Kleszczewski est Polonais. Après une scolarité brillante au Lycée Charles de Gaulle à Dijon, le voilà intégré au Lycée Louis le Grand à Paris. Il étudie les Mathématiques et la Physique. > Pourquoi avoir choisi la France ? Je suis venu en France parce que c'était l’opportunité de faire des études différentes et de gagner sa vie. J'ai des amis qui sont en train de réussir leurs études en Pologne mais je voulais profiter un peu de l'avantage qu’était la connaissance de la langue française. Je suis cependant loin de rejeter la Pologne, elle restera toujours mon pays.
Maintenant je suis en MP* [classe d’excellence] depuis deux ans. Je ne connais aucun autre lycée où soient réunis l'éducation scientifique et l'esprit qu'on y trouve. J'ai envoyé mon dossier, tenté ma chance et me voilà. Je voudrais également faire une partie de mes études dans un pays anglophone. Peut être y rester après.
C.L. et M.L.
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Europe ou Etats-Unis : un faux problème pour la Pologne EUROPE OU USA : L'ENIGME POLONAISE
La Pologne entre en mai prochain dans l'Union Européenne. Mais elle conteste certaines mesures acceptées par la majorité des Etats membres, et son soutien à la diplomatie américaine fait grincer bien des dents. Pourtant, les liens, historiques et culturels, mais aussi économiques et diplomatiques, existent entre la Pologne et la France, et, plus généralement, les pays de l'Europe des Quinze. Pêle-mêle, Marie Curie, Frédéric Chopin et Guillaume Apollinaire ne sont que quelques exemples de ces Polonais ou descendants de Polonais si bien intégrés à la société française qu'on en a oublié leurs origines. La coopération diplomatique entre la Pologne et les pays de l'actuelle UE est réelle. Les dissensions sur quelques points (voir encadré n° 1), malgré les désaccords qu'elles révèlent, ne doivent faire oublier la volonté commune d'ancrer la Pologne dans l'Union. La coopération est également économique, scientifique et culturelle. Les échanges de marchandises entre la France et la Pologne se développent actuellement, au moment où la Pologne des arts est des lettres est à l'honneur avec la décision gouvernementale de faire de 2004 "l'année de la Pologne en France". Au niveau régional cette coopération est sensible. Les échanges avec l'Est en général et la Pologne en particulier sont importants en Bourgogne et à Dijon, plus que dans les autres régions françaises. Des partenariats industriels conclus dernièrement avec la région de Białystok à l'accueil désormais traditionnel de lycéens polonais au lycée Charles-de-Gaulle de Dijon, des réseaux de relations amicales et de collaboration se développent. Sans vouloir exagérer l'importance de ces bons rapports, ne les négligeons pas. Reste que la Pologne peut sembler privilégier ses relations avec les Etats-Unis aux dépens de celles avec l'Union. La Pologne a, en décembre dernier, largement contribué à l'échec du congrès européen tenu à Rome en refusant toute concession à ses futurs partenaires au sein de l'UE. Elle participait au même moment à l'occupation de l'Irak par les Américains et leurs alliés. Elle n'a, depuis, ni décidé de se montrer plus conciliante avec les pays de l'Union, ni de quitter l'Irak. Mais l'Angleterre et l'Espagne, aux positions assez similaires, n'ont pas été aussi vivement attaquées. En outre, il est impossible de ne pas prendre en compte l'histoire récente de la Pologne. La Pologne a passé cinquante ans sous la tutelle soviétique. Les Etats-Unis, pays de la liberté, avec leur puissance économique et militaire, incarnaient l'espoir pour des Polonais souhaitant échapper à l'emprise idéologique du Parti, à la privation des droits civiques et des libertés qui nous semblent les plus élémentaires. D'autant plus que, dans un contexte d'affrontement larvé entre les deux "Grands", l'Europe ne pesait pas bien lourd… L'adhésion de la Pologne à l'OTAN en 1999 peut être comprise simultanément comme un moyen d'assurer la sécurité militaire du pays, mais aussi de marquer le changement radical de situation. D'autant plus que, si l'OTAN a constitué un point de crispation majeur, la majorité des pays de l'actuelle UE, dont la France, en sont également membres (voir encadré n° 2). Que la Pologne souhaite simultanément les garanties et les aides de l'UE et des USA, voilà qui, après tout, se comprend. A l'Europe de se montrer capable d'être une puissance aussi forte et crédible que les USA. Encore qu'il est vrai que l'objectif sera plus facilement atteint si tous aident à le mettre en œuvre…
Néel Travers
"La voix de la Pologne" La Pologne, au travers des sommets européens, prépare son entrée dans l'UE. Mais elle va souvent à contre-courant, d'où des querelles, et des échecs patents dans l'approfondissement de la coopération européenne. La Pologne a ainsi exigé que la Constitution européenne fasse explicitement mention de Dieu. Le texte, rédigé l'année dernière, se contente de l'évoquer. Résultat : un rejet sans appel. La Pologne a également refusé toute révision du processus décisionnel européen, qui l'avantage actuellement. On peut le comprendre, mais peut-on accepter que cela remette en cause la justice –et la justesse- des prises de décisions de l'Union? Ce refus de toute concession est d'autant plus grave qu'il risque d'aboutir à une crispation définitive et à la paralysie du processus communautaire.
La Pologne et l'OTAN. A en croire l'ambassade polonaise, "l’Alliance Atlantique est considérée par la Pologne comme le cadre essentiel dans lequel elle réalise les objectifs vitaux de sa stratégie nationale de sécurité". N'est-ce pas compréhensible, quand l'UE peine à élaborer une stratégie de défense commune? Aussi la Pologne se prononce-t-elle d’un côté en faveur d'une présence américaine permanente en Europe, tandis qu'elle soutient de l'autre le développement de la coopération entre les membres européens de l’OTAN, dans le cadre de l’Identité Européenne de Sécurité et de Défense. Pouvons nous, en fait, au nom de l'Europe, exiger d'elle qu'elle prenne déjà ses distances avec les Etats-Unis, alors que certains parmi les Quinze ne le font pas, et que l'UE ne parvient pas à proposer d'alternative viable?
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Trait d’union spirituel entre la Bourgogne et la Pologne POLSKA MSZA : la messe polonaise à Dijon.
Aider l’intégration des Polonais à Dijon, tel est le rôle de la messe polonaise animée par le Père Richard. Entretien.
Un prêtre polonais à Dijon « Devenir émigré pour vivre le sort des émigrés polonais », telle est la vocation du Père Richard, arrivé en France il y a 17 ans sur l’ordre de sa Congrégation, la « Société du Christ pour les émigrés polonais ». Technicien d’usage métaux, le Père Richard qui a étudié au séminaire de Lublin le latin, le grec, le russe, l’anglais et l’allemand, ne connaissait à son arrivée en France que « Bonjour ! » et « Je t’aime ». Aujourd’hui, il parle un français châtié et connaît notre pays comme sa poche : Aulnay-sous-bois, Doux, Albi, Montceau-les-mines, puis le Creusot et Dijon n’ont plus de secret pour lui. Toute sa famille vit en Pologne et il part tous les étés se ressourcer dans son pays natal. Pour autant, il revendique : « Mon pays, c’est l’Europe, mon diocèse c’est la France ». D’ailleurs il avoue dans un demi-sourire connaître mieux l’Eglise et la jeunesse françaises. Il n’a vécu la transition post-communiste qu’indirectement et peine à reconnaître les jeunes Polonais d’aujourd’hui. Un rendez-vous polonais dominical. La Pologne est une nation d’émigrants : ils sont 15 millions à travers le monde, un million à Chicago et quelques uns à se retrouver le Dimanche à la Chapelle de l’Eau vive de la paroisse Jeanne d’Arc en hiver et à la Chapelle de l’Assomption dès mars. Mais pourquoi ce besoin d’une messe en polonais ? « Car la foi est intime, elle se vit dans sa langue natale. Se confesser, prier, chanter en Polonais, c’est une façon de cultiver les racines. » C’est ce que le Père Richard appelle l’intégration par opposition à une assimilation forcée. Après la messe on boit un café, on partage, on pleure un ami disparu. Les trois vagues d’émigration polonaise A la messe polonaise se côtoient trois générations. Ceux qui ont fui les campagnes surpeuplées de la Pologne des années 1920 ou que les autorités françaises ont recrutés dans les mines sont peu nombreux à Dijon mais forment dans le nord de véritables « Petites Pologne ». Entre eux les liens sont d’autant plus forts qu’ont les avait parqués à l’époque dans des baraquements vétustes, qu’on les traitait de Polak, qu’on leur reprochait les malheurs de la société française. Puis vinrent les dissidents du régime communiste des années 1980, condamnés à fuir le pays. Aujourd’hui, ce sont des ingénieurs, informaticiens, docteurs, plus armés pour s’intégrer. Ils travaillent dans des firmes internationales, dans les universités françaises, peut-être en attente d’un nouveau départ. Enfin les jeunes aussi ont pris part à ce mouvement : le lycée Charles de Gaulle, l’Ecole Supérieure de Commerce, la Faculté, Sciences-po recrutent chaque année une cinquantaine d’étudiants polonais. Le défi de l’intégration Pour les jeunes, l’intégration est le plus souvent indolore. Certains enfants d’émigrés finissent même par oublier la langue. Mais pour les plus âgés, il a fallu « mourir un peu à soi, et vivre deux vies : polonaise et française ». « On ne naît pas Français, on le devient » et l’Eglise polonaise tente justement d’accompagner ce passage, de « remettre les croyants polonais à l’Eglise de France ». Pour cela, le Père Richard déploie une énergie débordante : démarches administratives et surtout accompagnement spirituel. Cependant, il regrette avec une pointe d’amertume : « on ne laisse pas assez de place aux cultures et traditions étrangères ». La messe polonaise est donc aussi une revendication, la nécessité de prendre l’Autre en compte. Camille Lancelevée, Madeleine Leroyer
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Racines chrétiennes ? Pourquoi cette insistance des Polonais à vouloir mentionner dans le projet de Constitution européenne les « racines chrétiennes » de l’Europe ? Certainement parce que l’Eglise a joué et joue encore un rôle important dans la société polonaise. Alors que la Pologne était rayée de la carte (1795-1918), elle a été le ciment de la Nation. Elle n’a jamais été interdite sous le communisme et a alimenté la dissidence, comme le montrent ses liens avec le syndicat « Solidarité » de Lech Walesa et le formidable espoir qu’a suscité l’élection du primat Karol Wojtyla (Jean-Paul II) à la papauté en 1978. L’Eglise a donc été un acteur de la chute du communisme en Pologne. Aujourd’hui encore les églises ne désemplissent pas, c’est une « foi socio-culturelle », comme le souligne le Père Richard.
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