z'EST d'Europe                 

Les pages "Europe"

Le Bien Public - z'EST d'Europe

 

Malte

 

L’Ile mystérieuse

 

Envie de vous réchauffer un peu? Une incursion à Malte s’impose… Munis d’un bon guide touristique et d’une crème solaire écran total, vous pourrez alors découvrir ce magnifique archipel situé au cœur de la Méditerranée, à quelques encablures de la Sicile. En vous promenant dans les rues de Médine ou de La Valette, vous serez d’abord enchantés par la gentillesse des Maltais, puis éblouis par la splendeur de l’architecture, pour qu’enfin votre curiosité soit aiguisée par des éléments quelque peu « mystérieux ». Relativement surpris d’entendre parler dans ce pays membre du Commonwealth une langue sémite – comme l’Arabe et l’Hébreux – vous le serez plus encore en constatant, au détour d’une rue, que la demeure du Premier Ministre, Eddie Fenech Adami, n’est protégée que par deux gardes…

A Malte, en effet, la classe politique est très proche de la population, et il est aisé d’entrer en contact avec elle. Cela est en partie dû au mode de scrutin pratiqué dans l’archipel : à sa discrétion, l’électeur classe sur son bulletin de vote les candidats par ordre de préférence. Chaque candidat doit donc faire montre de tous ses atouts personnels pour se démarquer de ses concurrents, et se rapprocher des électeurs pour obtenir leur confiance. L’efficacité de ce système est assez remarquable : alors qu’en France, l’abstention a atteint aux dernières élections législatives plus de 35%, elle n’a été que de 5% à Malte…

Mais si les Maltais votent d’abord pour un candidat en fonction de ses qualités personnelles, cela ne signifie pas pour autant qu’ils n’ont pas des réflexes partisans : ils portent rarement sur leur bulletin le nom de candidats de partis différents. Il existe d’ailleurs à Malte peu de partis, bien que le scrutin soit proportionnel. Ils sont au nombre de trois, mais Alternative Démocratique ne dispose d’aucun siège à l’Assemblée. Deux grands partis organisent donc la vie politique : le parti Nationaliste, actuellement au pouvoir et disposant de 35 sièges au Parlement, et le parti Travailliste, disposant de 30 sièges.

Ce qui est étonnant, c’est que le parti Nationaliste, contrairement à ce que son nom indique, est proeuropéen, alors que le parti Travailliste est lui hostile à toute idée d’intégration. En votant nationaliste aux dernières élections, les Maltais ont donc réaffirmé leur volonté de faire partie de l’Union Européenne. Ainsi, nous aurons bientôt le privilège de compter dans les rangs de notre communauté cet archipel dont seule l’originalité égale la beauté.

 

Benjamin ROUBAUD.

 

Malte : la manne du tourisme

Etat des lieux du tourisme à Malte

 

Rocher hostile en Méditerranée, Malte fait valoir ses atouts touristiques. C’est le constat que dresse S. Gentilhomme, responsable de l’agence « Nouvelles Frontières » à Dijon.

En dépit de l’absence de plages de sable fin, Malte, île de toutes les convoitises par sa position stratégique de contrôle de la Route des Indes jadis et du Proche Orient aujourd’hui, est devenue une station balnéaire de prédilection. En effet, le soleil y est généreux de mars à novembre et la Méditerranée y offre une architecture sous-marine particulièrement propice aux activités de plongée, notamment dans l’île de Gozo. L’île est ainsi idéale pour de courts séjours de détente en intersaison et à petit budget. Les tours opérators proposent des séjours fixes avec des ballades à la journée dans l’archipel maltais ou des excursions de découverte culturelle de La Valette, la capitale ou de Médine, la « cité du silence », où l’on apprend les merveilles de l’histoire de ce caillou hostile. « L’appel se fait principalement par les prix », explique Sylvie Gentilhomme, responsable de l’agence « Nouvelles Frontières », tour opérator très présent sur l’île. Malte est desservie aussi bien par des vols réguliers que par des charters, ce qui témoigne de l’ampleur du secteur touristique dans l’économie maltaise (avec Corsair au départ de Paris et Air Malta au départ de Lyon).

Si Malte est avant tout la destination privilégiée d’une clientèle familiale en quête de détente, elle s’avère également être la terre de prédilection de plusieurs organismes de séjours linguistiques qui proposent des activités de perfectionnement de l’anglais. A bas les clichés sur les collèges britanniques noyés dans la brume, à Malte on apprend l’anglais au soleil. Ce pays qui sera bientôt membre à part entière de l’Union Européenne accueille depuis longtemps des hordes de jeunes Européens en quête de farniente et d’échanges.

En revanche, l’île semble peiner à développer un tourisme de haute qualité. Comme l’Espagne qui a vu se ternir l’horizon fructueux de la manne touristique et a donc dû redécouvrir un tourisme haut de gamme, Malte souffre d’un manque de cohérence sur son développement économique à long terme. Aux charmants petits hôtels de centre ville font écho des barres de complexes hôteliers dédiés au tourisme balnéaire en club. De plus, comme le remarque Sylvie Gentilhomme, l’île a, par son histoire tumultueuse, une tradition de repli plus que d’accueil, ce qui tranche par rapport aux îles Méditerranéennes en général. A potentiel sensiblement comparable, les îles grecques se distinguent par leurs multiples capacités d’accueil, de la chambre chez l’habitant à l’hôtel 5 étoiles dédié aux séjours d’insentive.

Néanmoins, l’Office de tourisme de Malte en France est extrêmement actif et envoie toutes les semaines de la documentation aux divers tours opérators. Ce volontarisme, demeuré rare à l’exception de l’Irlande, est de bon augure pour le futur du développement touristique maltais. D’autant plus que, comme le fait remarquer Robert Arrigo, le réceptif maltais qui travaille avec Nouvelles Frontières, l’élargissement de l’Union Européenne le 1er mai prochain va s’accompagner de l’ouverture du trafic aérien alors que jusque là Malte était contrainte d’utiliser seulement certains aéroports pour un nombre limité de vols. Plus concrètement l’élargissement va aller de paire avec des prix plus bas, une plus grande flexibilité et des départs à partir des aéroports régionaux. Robert Arrigo est également plus optimiste en ce qui concerne l’émergence d’un réel tourisme culturel puisque les Français sont selon lui très épris de culture et ne se satisfont pas du seul tourisme balnéaire.

 

Madeleine Leroyer

 

Page d’histoire franco-maltaise

Quand Malte était française

 

Malte en plus d’être un futur partenaire européen, fut rattachée militairement par Napoléon à la République française, retour sur cet épisode guerrier entre nos deux pays.

 

L’influence de la Révolution sur Malte.

Le  10 septembre 1792 est votée la confiscation des biens de l’Ordre des chevaliers de Malte par l’Assemblée législative. Bien que cette mesure ne concerne que les territoires sous domination française, c’est une véritable catastrophe pour l’Ordre. En effet, les domaines qu’il possède en France font partie de ses plus importantes sources de revenus, l’argent vient à manquer,  l’Ordre n’est déjà plus que l’ombre de lui-même.

Le 10 août 1792, la famille royale est enfermée dans la tour du Temple qui appartient à l’Ordre. Le Grand maître de l’Ordre des chevaliers de Malte tente, en vain, de protester et fait part de son indignation aux cours royales européennes. Il se ruine pour faire vivre les nombreux chevaliers français que compte l’Ordre et qui en plus d’avoir tout perdu, doivent assumer la charge de parents venus se réfugier sur l’île.

L’Ordre de plus en plus faible ne semble plus en mesure de s’opposer aux appétits des puissances européennes, voyant dans l’île une excellente base pour contrôler la Méditerranée. L’Angleterre, notamment, en guerre contre la République française, commence de plus en plus à vouloir s’approprier l’île. Le Grand maître de l’Ordre demande alors à Paul 1er, tsar de Russie, de devenir protecteur de l’Ordre. Cette fatale erreur scelle à jamais la destinée de l’Ordre sur Malte.

 

Malte devient territoire français.

Mauvais calculateur, le Grand maître aurait dû comprendre que la France, pourvue d’une puissante flotte méditerranéenne et menée de victoire en victoire par Bonaparte,  était bien plus proche que la lointaine Russie. Napoléon qui prépare son expédition égyptienne, ne peut se permettre de laisser une base ennemie en plein milieu des lignes de communications entre la France et l’Egypte une fois qu’il y aura débarqué ses troupes. En plus de ses nombreux agents sur place, la France peut compter sur le soutien d’une partie des Maltais. Ces derniers n’aiment guère les chevaliers de l’Ordre qui les regardent de haut et qui ne sont pas sujets du Grand maître contrairement aux autres habitants. La bourgeoisie maltaise, avocats, banquiers, armateurs, ont adopté les principes révolutionnaires qui sont aussi un moyen de contrer l’influence de l’Ordre.

Le 6 juin 1798 , deux vaisseaux de l’escadre française demandent l’autorisation de faire escale, elle est accordée. Puis toute la flotte apparaît à l’horizon, les défendeurs de l’île sont désemparés. Le Grand maître cède à l’ultimatum de Bonaparte, la flotte entre dans le port, le drapeau républicain flotte sur Malte, l’île devient française. Les chevaliers français (260 sur les 362 membres de l’Ordre) obtiennent le droit de rentrer sur le territoire français sans être considérés comme immigrés. 53 des plus jeunes d’entre eux allèrent même jusqu’à se joindre à l’armée de Bonaparte et firent carrière sous le Consulat, l’Empire et la Restauration. En Egypte, certains formeront les cadres de la légion maltaise composée d’engagés maltais.                                  

Deux jours après la prise de Malte, Bonaparte reprenait la mer en direction de l’Egypte après avoir laissé un gouvernement provisoire dirigé par des officiers français.  Mais dès le début de l’année 1799, la flotte britannique commandée par l’amiral Nelson fait route vers Malte dont elle commence le blocus.  Le 5 septembre 1800, le gouverneur pour la République française, largement dépassé en puissance de feu et en nombre de soldats, capitule. Nelson lui accorde les honneurs de la guerre, et permet à l’Angleterre de s’implanter au cœur de la Méditerranée.

 

Maximilien Menand-Chambon

 

Malte à l’arrivée des Chevaliers Hospitaliers

C’est le 4 mars 1530 que Charles Quint cède l’île de Malte aux chevaliers hospitaliers, qui prendront là leur célèbre nom de « Chevaliers hospitaliers de l’Ordre de Malte ». Car après avoir été chassés de Terre sainte, de Chypre et de Rhodes, les chevaliers sont en quête d’une terre où ils pourront de nouveau se consacrer aux soins et à préparer la reconquête de leurs territoires perdus. Cependant l’île est loin d’être un « paradis sur Terre », surnommée dans l’Antiquité « Mélita » (l’île du Miel), l’île a perdu ses fleurs et ses sources d’eau.  L’île a été occupée par les Arabes : les troupeaux de chèvres ont ravagé la végétation, ne laissant plus qu’un sol calcaire ne pouvant plus retenir l’eau. Et malgré les faibles quantités d’eau et l’absence de bois de construction, les chevaliers seront le rempart méditerranéen de la chrétienté et forceront le respect de tous, par leurs faits d’arme ou leur dévotion envers les malades.  

MMC

 

                                                                               

 

 

Accueil z'EST d'Europe Rubriques Liens Contact

 

©  z’EST d’Europe, 2004