Les pages "Europe"
Le Bien Public - z'EST d'Europe
République Tchèque
80 ans à Carnot
Les relations tchéco-bourguignonnes sont étroites depuis le début du XXème. En effet en 1908 déjà, Edouard Beneš, futur président de la République tchécoslovaque, présentait sa thèse de droit à l’université de Bourgogne. Ces relations se sont encore renforcées avec l’ouverture en 1920 d’une classe au lycée Carnot accueillant une dizaine d’élèves tchèques. En 2000, la section tchèque du lycée Carnot à Dijon a célébré son 80e anniversaire. A ce jour, plus de 300 étudiants tchèques sont passés par les portes du lycée. Certains sont restés en France et ont poursuivi leurs études supérieures dans les universités françaises, d’autres ont regagné leur pays natal pour achever leur formation dans les établissements tchèques. Nombreux sont ceux qui sont devenus des personnages marquants de la sphère politique et culturelle tchèque et promeuvent activement la coopération tchéco-bourguignonne dans les domaines de la culture, de l’éducation et du commerce. Mais outre les projets de collaboration officiels, tous les étudiants tchèques du lycée Carnot ont participé, chacun pour leur part, à bâtir la riche histoire des relations tchéco-bourguignonnes. Des relations tellement étroites qu’à la suite de Mme Andrea Cepova-Fortuoy on peut qualifier la Bourgogne de « Région la plus tchèque de France » (article paru dans Le courrier des pays de l’Est en octobre 2003). Ces relations sont d’autant plus précieuses qu’il n’a pas toujours été facile de les maintenir. Plusieurs fois, la section a été fermée par les autorités tchèques suite aux bouleversements politiques dans le pays. Depuis 1990, la section est rétablie et fonctionne convenablement. En République tchèque, les études au lycée Carnot constituent un privilège qui n’est accordé qu’aux meilleurs étudiants qui passent le concours national à Prague. L’examen comprend une épreuve écrite de la langue française et de mathématiques, ainsi qu’un entretien oral avec un jury composé de représentants de l’Ambassade de France, du lycée Carnot, du Ministère de l’Education nationale tchèque et de la Maison de Bourgogne à Prague. Les étudiants sélectionnés suivent les cours au lycée avec leurs camarades français pendant trois ans, de la seconde jusqu’au Bac, en suivant en outre des cours de langue et de littérature tchèque. La reconnaissance de la section tchèque du lycée Carnot est devenue manifeste lors de la visite à Dijon du Président de la République tchèque, Vaclav Havel, en mars 1999.
Julie Buzalkova
Nous remercions M. Vaclav Lebeda, ancien du lycée Carnot, pour les informations qu’il nous a fournies.
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Représentation bourguignonne au cœur de Prague Une maison de Bourgogne en République tchèque
La maison de Bourgogne à Prague fut inaugurée en 1991. Son directeur Franck Rousselet est un observateur privilégié des relations franco-tchèques. Représentation permanente du Conseil régional de Bourgogne et de la Chambre régionale de commerce et d’industrie, la Maison de Bourgogne à Prague a déjà 13 ans d’existence. La décision de créer un tel lieu correspond à la volonté de perpétuer et d’approfondir les relations particulières qui unissent la Bohème (puis partir de 1918 la Tchécoslovaquie et depuis le 1er janvier 1993 la République tchèque) et la Bourgogne depuis le XVème siècle. L’action de la Maison de Bourgogne se situe autant dans le domaine de l’économie (elle vise notamment à favoriser l’accès des entreprises bourguignonnes au marché tchèque), que dans celui du tourisme. Sur le plan culturel elle assure la promotion des formations ouvertes aux jeunes Tchèques et permet à des artistes bourguignons de présenter leurs œuvres en République tchèque, au travers d’expositions, de concerts ou de représentations théâtrales. Enfin au niveau politique et administratif elle assure la poursuite de la coopération engagée entre la Bourgogne et la région de Bohême centrale depuis 2001 en organisant par exemple des rencontres d’élus et de fonctionnaires.
Salarié de la Chambre régionale de commerce et d’industrie de Bourgogne, Franck Rousselet est le directeur de la Maison de Bourgogne à Prague. Français, il désirait apprendre la langue de son épouse d’origine tchèque et après avoir visité le pays pour la première fois en 1990, il s’y est installé définitivement en décembre 1991. Quand on s’intéresse à la première chose qui le marqua à son arrivée dans ce pays dont il ignorait tout, il répond sans hésiter « l’odeur du charbon et le froid. Fin 1990, à la sortie du train, en pleine nuit, il faisait –26°C. J’habite dans un village de 1600 habitants où toutes les maisons étaient chauffées au charbon de bois… parfois avec ce qu’on trouvait sous la main. Ca change lentement (gaz, électricité) mais on sent encore cette odeur dans les campagnes. » Depuis, il a appris à connaître ce pays et désormais s’y sent chez lui. La ville de Prague et son style architectural particulier, le très riche patrimoine culturel tchèque et bien entendu la bière sont les aspects du pays qu’il retient comme les plus séduisants. Ayant pour mission dans sa fonction de faciliter les liens entre Français et Tchèques, M. Rousselet est un observateur privilégié des différences « culturelles » entre ces deux pays. Selon lui, au quotidien, les habitudes des Français et des Tchèques diffèrent principalement en ce qui concerne la gastronomie : les Tchèques mangent pour se restaurer et peu passent des heures autour d’une table. Dans les relations professionnelles il trouve la mentalité tchèque proche de la mentalité allemande. Même s’il existe bien des différences de culture entre la France et la République tchèque, le directeur de la Maison de Bourgogne anticipe avec optimisme l’entrée de celle-ci dans l’Union européenne et pense qu’elle aura des conséquences positives sur les relations entre la Bourgogne et la République tchèque. « Les formalités administratives vont être simplifiées, les échanges économiques devraient pouvoir s’intensifier, le pouvoir d’achat augmentant, la République tchèque peut s’envisager à moyen terme comme un véritable marché consommateur de produits ouest-européens; plus de Tchèques pourraient être enclins à découvrir la Bourgogne, destination qui leur est « proche » de par le patrimoine historique, culturel et ce que la nature a à leur proposer (notamment circuit de la Voie verte, tourisme fluvial…). » L’amitié entre la Bourgogne et la République tchèque a donc encore de beaux jours devant elle. Adrien Brun.
Demandez le programme ! Voici en quelques dates les événements à venir organisés par la Maison de Bourgogne. - Mars 2004 : expositions photographiques de JC Couval et rencontre avec l’écrivain tchèque Petr Kral (vivant a Paris, ancien lycéen de Carnot) en collaboration avec le Centre régional du livre de Bourgogne - Avril 2004 : représentations en Bohême centrale d’une création de Patrick Grégoire (Théâtre du Rameau d’Or - Dijon) Concerts de l’Harmonie municipale de Tonnerre - Mai 2004 : journée de participation au salon international pragois des vins et spiritueux, rencontre de producteurs bourguignons avec des importateurs tchèques. - Juin 2004 : Concert du trio de David Raymond lors du festival international de musique ethnique Respect - Septembre 2004 : Organisation d’une rencontre quadripartite de jeunes a Cluny
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Vivre en République Tchèque. La Bière Tchèque, un passage obligé
La bière tchèque est moins connue que la bière allemande ou flamande. C’est pourtant une institution incontournable du pays, une tradition qui saute aux yeux. « Non, mais quand même, la bière ici, c’est vraiment trop cher ! ». Josef, étudiant tchèque à Dijon regarde son verre, puis en avale une gorgée. Il faut dire que près de 4€ pour 25 centilitres de bière, c’est un peu cher quand on vient d’un pays où un demi litre pris dans un bar coûte 30 couronnes (presque 1€)… C’est que la bière est en fait une véritable institution en République Tchèque. La Bohème-Moravie n’est pas que productrice de cristal ou de céramiques : la bière est un rite. Les Tchèques, en 2003, ont consommé 18,5 millions d’hectolitres de bière, soit en moyenne 160 litres de bière par personne ! La bière n’est pas que l’objet d’une consommation en taverne. Les Tchèques accommodent la boisson en soupe, en sauce, en plat comme en dessert. Nombreux sont les exemples de recettes à base de bière comme la soupe à la bière… Les tavernes à bière tchèques sont presque l’équivalent des restaurants gastronomiques chez nous. Depuis la Révolution de Velours de 1989, les tavernes tournent à plein régime à partir de 17h. Le principe est le même. Lorsque vous entrez, le garçon vous apporte une chope gonflée de mousse, que vous savourez, et dès que vous l’avez finie, il vient vous resservir. Et comme c’est bon, impossible de décliner… C’est ainsi que, pour la petite histoire, un conseiller de Bill Clinton en visite officielle se serait retrouvé à chanter à tue-tête à minuit dans une taverne pragoise. Avec la bière, vous pouvez vous sustenter en mangeant du saucisson et du fromage, qui permettent de prendre une petite pause entre deux chopes. C’est là encore le drame de Josef « en France, on a le temps de ne rien boire, on n’a tout de suite plus d’argent ! ». Si vous allez à Prague, ne ratez tout de même pas les immanquables tavernes suivantes, que l’on considère comme les meilleures qui soient : U Fleků, l’un des plus vieux bars à bière du monde (1459), U Kalicha, Slavia, et U slatého tygra où Vaclav Havel est connu pour avoir été l’un des habitués lorsqu’il n’était encore qu’un écrivain dissident du régime communiste. La bière tchèque est aussi sujette à beaucoup de fabulations. La dernière en date est une réponse au « french paradoxe » de la nourriture grasse et du vin supposés préserver des maladies cardio-vasculaires. Une enquête médicale réalisée en République Tchèque, portant sur des hommes de 25 à 66 ans, le prouverait : la consommation de la bière, à l’instar de celle du vin, diminuerait les risques de maladie cardio-vasculaire. Prudence toutefois, la consommation idéale pour prévenir toute maladie cardio-vasculaire est de…4 à 9 litres par semaine ! Ce qui vous reviendrait à environ 18€ par semaine. Si en France nous savourons les classiques flamands, ou bavarois, la bière tchèque manque singulièrement dans les rayons des supermarchés… Vous pouvez bien sûr trouver la fameuse « Pilsner Urquell », mais les bières dont les Tchèques et la amateurs parlent le plus, la « Staropramen », la « Gambrinus », le « Regent », la rouge « Cerbeny drak » (le « dragon rouge ») ou encore la « Krusovice », bière blonde brassée en Bohème centrale, manquent encore à notre connaissance. Pour les connaître, il suffit de les commander, ou peut-être de demander à votre bar préféré de se renseigner dessus…Pour ceux qui veulent migrer en République Tchèque, ce pays sera bientôt dans l’espace Schengen, patience ! D’ici-là, Na Zdravi ! (santé !) Pierre Catalan
Avis aux amateurs de bière ! Le président Français et grand amateur de bières, Jacques Chirac, interviewé récemment par le quotidien tchèque « Mlada Fronta Dues », disait lui-même de la bière tchèque qu’elle était « très bonne ». Le quotidien, modeste, à l’image des Tchèques, répondait que la qualité de la boisson dépendait surtout de l’endroit où on la consommait…
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